Témoignage | A l’origine d’OMED

« Comment m’est venue l’idée de créer l’Association OMED, qui signifie « espoir » en farsi ?

J’ai vécu à Kaboul jusqu’en 1982 et m’y rends chaque année depuis 2002. Chaque fois, je constate que la vie devient de plus en plus difficile, à tous niveaux. Kaboul, qui compte maintenant 6 millions d’habitants (alors qu'il y en avait 1,5 million dans les années 1980), est une ville surpeuplée et la vie quotidienne en pâtit. Le gouvernement ne parvient malheureusement plus à tout gérer. 

Fin 2017, je constate avec tristesse que la situation s’aggrave encore, ce qui m’est confirmé par Yasamin, une cousine enseignante dans une école publique, directement confrontée à la réalité quotidienne. Elle m’explique à quel point elle se sent démunie devant le manque de moyens mis à disposition pour permettre l'accès à l’instruction pour les enfants, et ce, dans de bonnes conditions. Pour elle, ce droit à la connaissance est primordial pour l’avenir d’un pays. 

A mon retour à Genève, je réfléchis à comment je pourrais apporter une aide concrète et directe, à mon niveau, sans intermédiaire, pour que les enfants puissent avoir accès à une scolarité décente et indispensable pour leur futur. 

L’école publique pour jeunes filles de 8 à 15 ans Sayed Yousaf Almi, située à 12 km au nord de Kaboul et où travaille Yasamin devient alors mon objectif.

Cette école manque de tout (fournitures scolaires, pupitres, tableaux, etc.), les locaux sont en piteux état, les enseignantes ne sont parfois plus rémunérées par l’Etat, et j’en passe… 

Alors, l’idée de créer une association prend forme; j’en parle autour de moi, un comité se constitue et les statuts sont rédigés. OMED naît en avril 2018. 

Un budget est estimé à CHF 22’000.- pour parer au plus urgent et déjà des fonds sont récoltés. 

Avec les premiers dons, je pars le 8 mai pour Kaboul. Au préalable, j’informe Yasamin qui se met immédiatement au travail : des menuisiers construisent sur place pupitres et bancs, ce qui fait ainsi également vivre le commerce et les artisans locaux; elle prend contact avec des entreprises pour une évaluation des travaux à effectuer sur les bâtiments scolaires. Sur place, j’achète du tissu pour confectionner des uniformes, je prends des contacts pour que des fournitures scolaires, achetées sur place, soient livrées à l’école. 

Ca bouge ! Et l'espoir que cela puisse continuer me motive. »

Zamila YUNUS, 2018

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